Processions à Chambilly

Nous allâmes en procession à Bourg le Comte, à Artaix, à l’Hôpital de Chenay, à Marcigny, plusieurs fois et une fois à La Pacaudière à Notre Dame de Courzy. Il y eut particulièrment à l’hôpital de Chenay un si grand concours de pleuples qui vinrent de toutes parts jusque d’Autun, de Dijon, de la Bresse, du Maconnois, du Lyonnois, du Bourbonnais jusque de vingt et 30 lieues. On voyait venir des processions de tous côtés et à toutes les heures.

Plusieurs fois, des personnes ont été obligées de s’en retourner sans y dire la messe, ou bien ils l’allaient dire à Artaix et à Chenay parce qu’il y avait trop grand nombre de pretres qui y venaient pour y dire la Ste Messe.

Cette dévotion apporta bien de l’argent au…. de Marcigny, au curé d’Artaix et encore plus infiniment au curé dudit Lhôpital qui fit rétablir sa cure, faire un clocher et deux petits autels dans son église, qui fit beaucoup de dépenses pendant cette dévotion qui dura plus d’un an ; et eut encore beaucoup de reste pour luy dont il fit de bons contracts de rente sur la maison de ville de Lyon. En ce tems là l’argent étoit commun pour ainsy dire commes les pierres, à cause d’une diminution qui arriva sur l’or especes. Cette diminution dura deux ans pendant lequel temps les louys qui valoient 20 livres tournois vinrent à quatorze ce qui faisoit qu’on trouvoit de l’artent à emprunter autant et plus que n’en souhaittoit. Après lequel tems de diminution, l’argent devint aussi plus rare, et plus rare qu’il n’aurait été commun, ce qui a fait cesser le commerce et donné lieu à une infinité de banqueroutes jusqu’en 1716 en quelle année j’écris cecy.

Dieu soit bény et veuille nous préserver et nous et ceux qui viendront après nous de voir pareilles calamités et afflictions publiques. Le seigle ne vaut que vingt cinq sols le bichet. En un mot tout est bon marché, il n’y a que l’argent rare.

Priez Dieu pour moi

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