Projet d’établissement d’une fabrique de verres

Philippe QUINSSON, natif de Mâcon, sergent de la milice de la compagnie de Mr Bernard de MARBÉ présenta une requête en août 1583 pour établir avec quelques associés une verrerie artistique, à la forme et façon de Venise.

Il avait déjà obtenu des privilèges du Roi, l’exemption de toutes tailles, subsides et imposition pour les patrons, leurs ouvriers, employés, domestiques et les marchands tant de gros que de détail ; mais craignant de provoquer les « murmures du peuple » par la consommation importante de bois, il s’engageait à ne s’approvisionner qu’en dehors des limites du bailliage.

Les échevins transmirent aux gens du Roi la dite requête et délibérèrent que l’établissement d’une telle fabrique serait grandement préjudiciable à la ville, et à tout le pays ; notamment cette consommation de bois déjà utilisé pour « les fourneaux à thuille, chaulx et carrons ».

Cette décision surprit les gens du Roi qui décidèrent d’en référer aux députés des états du Mâconnais. Les échevins de leur côté s’adressèrent au lieutenant général civil et criminel du bailliage, lui demandant de s’opposer à un tel établissement.

Les états délibèrent puis donnent une autorisation d’essai pendant 3 ans à QUINSSON, mais posèrent en même temps comme conditions que seuls les gentilshommes exerçant l’art et science de verriers seraient exempts d’impôts. Les gens du Roi se rangèrent à cet avis en l’accompagnant de clauses restrictives.

Les échevins ne se tinrent pas pour battus. Ils réunirent tous les habitants et décidèrent d’appeler de la sentence du lieutenant général comme de juge incompétent, en y ajoutant une objection supplémentaire : le danger de peste dont étaient infectées les villes voisines et que la fumée du fourneau de la verrerie rendrait contagieuse.

Dépité, QUINSSON s’installa à Chalon où il fut reçu fort honorablement.

De son côté, le parlement de Paris rendit en 1584 un arrêt qui cassait la sentence du bailliage de Mâcon et donnait gain de cause aux échevins.

Source : Annales de l’académie de Mâcon – 1900 – d’après LEX

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