Donation d’un moulin sur le Mesvrin

Au non de nostre Soignour, amen.                                                                                                   En l’an de l’incarnacion d’icelui mil trois cenz et quatorze, le samedi après la feste de seincte Luce (14 décembre 1314), ge Pierres, sires de MONTGEHU, chevaliers, fais savoir a touz ceaux qui verront ces lettres que consideranz les aggreaubles servises lesquex m’ay faiz Margoz, fille ce en arries Perrot de VILAINNES, et expecialement en recompensation d’aucuns grief et domaiges lesquelx ma dame Beatrix ce en arries ma mère fit si cum l’on dit au au père et a la mère de ladite Margot, ge done, quitte et delivre por moy et mes hoirs, por don fait en les vis, non rapelauble, a ladite Margot, a ses hoirs, perpétuellement et a ceux qui de li hauront cause, un molin assis sur la rivière de Mesvrain, pres dou bos dou Bruyllet, ansamble les apperteenences doudit molin ; item, un boichet assis a Vilainnes lequel l’on appelle le Bennon, ansamble totes les apperetenences doudit boichet ; item, dones maignies d’ommes taillaubles et exploitaubles, c’est assavoir Renaut le genre au BASTARD, et les anfanz a la BOILLON, ansamble lors mes, les appertenences, les droiz et les costumes que ge hi hay et havoir, la justise haute et basse es choses desus dites a moy et es miens, sauf a ladite Margot, et es suens pourront gaigier de leurs droitures es choses desus dites ; item, done a ladite Margot et es suens, por les causes desus dites vint soulz digonois, un bichot d’avoynne et une geline, lesquelx choses ge prenoie de annuel et perpetuel rante sur le mes qui fut doudit Perrot, en tel condicion que ladite Margot et suy hoir tauront et devront tenir en fié de moy et de mes hoirs totes les choses desus nommées et specifiées, la justice haute et basse es choses desus dites a moy et a mes hoirs sauve et retenue, sauf tant que je vuil et outroie a ladite Margot et a ses hoirs que dedans le porpris de lour menoir la justise jusque a sexante souz et de sexante souz en avaul soit lour, et qu’i puissient gaigier es choses desus dites por lever lor rentes ; et se por avanture autres lettres saalées dou seal de la cort le duc ou d’autre seal faites sur les choses desus specifiées estoient trovées, ge les dites lettres dois or en avant vuil estre nules et de nule valour ; et totes les choses deus nommées et devisées ge suis tenuz et promet por moy et por mes hoirs par ferme stipulation et par son sairement doné sur soint evvangile et sus l’obligation de touz mes biens tenir, garder perpetuelement a ladite Margot et a ses hoir, et garantir contre touz a mes propres despans, et que ge ne viendray en contre par moy ne par autruy, ne consentiray que autres hi vaigne ; et les choses desus dites je fais sus condiction qelles plaisent a mon soignour l’abbé de Saint-Martin dou cui fié les choses desus dites sunt et muvent ; et renunce en ceste faite a totes exceptions, barres et allegations de fait et droit qui pourroient estre dites ou apposées contre la tenour de ces lettres, et vuil estre controinz a totes ces choses tenir et garder aussi cum de chose adjugié par la court monsoignour le duc de Borgoigne, en la juridiction quant a ce ge souzmet moy et mes hoirs. En tesmoinz de laquel chose ge hay requis et fait mettre en ces lettres le seal de ladite court.                                                                                                                                       C’est fait en la presence de Berthier de DYJON, notaire d’Ostun, de mon soignour Guillaume de CORRVEL, de frère Jehan, segretain de Seint Martin des Champs, et de Benoit de Clugny, clerc, tesmoinz a ce appelez, l’an et le jour desuz diz.

Source : Gallica/Bibliothèque Nationale : d’après « Recherches sur Montjeu et ses seigneurs par l’Abbé DORET » – 1881

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