La gazette de Tancon (13)

Le 21 février 1762 et les jours suivants, il a tombé une grande quantité de neige, il y en avoit dans quelques endroits des montagnes de 15, 19 et 20 pieds selon le récit de plusieurs voyageurs. Elle a demeuré jusqu’à la mi-carême conservée par les fortes gelées qui ont duré presque tout ce temps là. Cependant, les biens de la terre n’en ont point été endommagés, mais le printemps a été sec, en sorte qu’il n’y a que la mère plante des blés qui ait poussé et sans une légère pluye, les froments ne seroient point entrés en épis. La sécheresse a été grande et a duré plus de trois à quatre mois, l’on mouloit partout à la corde et cela avec beaucoup de peine. Il y en a à St Julien de Cray qui alloit chercher de l’eau avec des cuves dans la Loire pour faire boire leurs bestiaux. Les herbes des prés étoient totalement rôties ; cependant le bétail se portoit bien. Les laboureurs ne pouvoient pas cultiver leurs terres et il y a beaucoup de vignes qui n’ont été piochées qu’une seule fois bien tard et bien difficilement ; aussy celles qui n’avoient pas été travaillées ou qui l’étoient pendant la sécheresse ont manqué à périr. Il y a des endroits ou beaucoup de ceps de vigne ont entièrement séchés. Des arbres chaines et autres et des hayes ont eu le même sort. Cepdnant, les blés, seigles et froments ont été assez grenés et le froment plus abondant que le seigle. A l’égard de la menue récolte, il n’y en a point eu comme avoine, orge, chanvre, pois et autres légumes. Le seigle ne vaut actuellement que trente à trente trois la mesure, et le froment quarante sols. Le vin a été assez abondant en ce pays et la pièce composée de deux années ne vaut que treize, quatorze et quinze livres. Les parisiens en ont achetés beaucoup à Fleury, St Pierre, St Nizier et ailleurs à dix neuf et vingt livres. Dans le Mâconnois, il s’en est ceuilly peu et il n’avoit pas de qualité. Dans la côte de Renaison, il s’en est fait si peu que ce pays s’est vu à la dernière misère n’ayant pas de quoy payer leurs charges ny rien de quoi vivre.

Il y eu des arrêts du Parlement de Paris, de Rouen, de Toulouse qui ont expulsé les Jésuites de leurs maisons avec défense d’en porter l’habit et le nom et cela dans toute l’étendue des parlements. Ceux de Bourgogne, Besançon, Grenoble et Provence n’ont encore rien décidé à cet égard ; ainsi les Jésuites de ces provinces subsistent toujours dans les provinces mais dans les cy-dessus nommées, il n’en est plus fait de mention. L’on fait enseigner la jeunesse dans les maisons des Jésuites expulsés par ceux que l’on peut, mais tout va mal à ce que l’on dit et on le regrette.

Le 3e de novembre 1762, les préliminaires de la paix ont été signés à Fontainebleau entre la France, l’Espagne et l’Angleterre et le roy du Portugal y a été compris.

Source : AD71 paroissiaux de Tancon

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