Déclaration de grossesse de Jeanne MERCIER

Depuis Henri II et jusqu’à la Révolution, les filles et les veuves qui devenaient enceintes devaient déclarer leur grossesse sous peine de se voir suspectées d’infanticide si l’enfant illégitime venait à décéder ;  ce crime étant passible de la peine de mort.

Pour obéir à l’édit royal, Jeanne MERCIER se rend donc le 20.7.1763 chez Me Philippe FEBVRE, notaire à Mont-Saint-Vincent, pour y déclarer sa grossesse. Elle est veuve de Claude MIGUET décédé au Rousset le 29.3.1760. Elle déclare être âgée d’environ 26 ans.

Jeanne explique au notaire « qu’environ quinze mois après le décès dud. fut Claude MIGUET elle fut recherchée en mariage par Jean BERTRAND, fils aîné de Louis BERTRAND granger aud. lieu des Molaizes (paroisse de Mary) que leur établissement ayant souffert quelques difficultés de la part des parents dud. Jean BERTRAND, celui-ci luy a continué ses assiduités et luy a persuadé que si elle devenoit enceinte, cette circonstance feroit cesser la résistance de ses parents et qu’il l’épouzeroit : cest à la faveur de ces promesses que lad. Jeanne MERCIER s’est laissé séduire par les caresses et assiduités dud. Jean BERTRAND agé d’environ vingt-cinq ans et qu’après plusieures fréquentations et habitations charnelles, elle est devenue enceinte de ses oeuvres et qu’elle seroit dans le septième mois de sa grossesse ».

Intrigué par cet acte, j’ai voulu connaître la suite de l’histoire et, en particulier, si le garçon avait tenu sa parole car dans ce domaine comme dans bien d’autres, les promesses n’engagent que ceux qui les croient. J’ai donc consulté les registres paroissiaux de Mary et du Rousset et j’ai eu quelques surprises.

Jeanne MERCIER est bien vevue de Claude MIGUET, mais de cette union, sont aussi nés trois enfants dont au moins deux sont encore vivants en 1763. Ce « petit détail » suffit à expliquer la réticence des parents de Jean BERTRAND à consentir au mariage. A juste raison, ils doivent considérer que c’est une charge bien lourde sur les épaules d’un jeune homme de 23 ans. Jean est leur fils aîné, mais c’est un enfant tardif, né 18 ans après leur mariage. Trois filles sont déjà mariées et ils doivent compter sur lui pour les soutenir dans leurs vieux jours.

Malgré tout, Louis BERTRAND et Françoise LAMBERT acceptent cette union et le ler.9.1763, un contrat de mariage est établi par Me FEBVRE.

Le mariage de Jean BERTRAND et Jeanne MERCIER est célébré à l’église de Mary le 6.9.1763. Leur fils André est baptisé à Mary le 29.9.1763.

Tout est bien qui finit bien. Les actes ne peuvent pas nous dire si les époux vécurent heureux, mais ils eurent beaucoup d’autres enfants.

texte de André JOLY- sources : registres paroissiaux, minutes de Me FEBVRE 3E 16860 – AD 71

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