Un Bourguignon au Sahara (2)

Par Pierre GUIBERT  du GERCO

Les états de service de Léon RENEVRET sont difficiles à décrypter car inscrits en désordre, on le dit même tué « chute d’avion » ce qui est faux bien sûr.

Nous disposons pourtant de deux versions de ses services, l’une émanant des Archives Départementales de Nevers ; l’autre du Bureau des Archives Administratives Militaires de Pau; cette dernière occulte la partie médicale (qui légalement n’est consultable qu’après 150 ans à partir de la naissance) et le procès.

Léon est recensé et recruté à Pougues-les-Eaux, canton de la Nièvre, puisqu’à l’époque il vivait chez Marie, sa sœur, à Guérigny. Il est dit mécanicien.

Lors de son service militaire, Léon est appelé et a été incorporé au 29ème régiment d’infanterie à compter du 9 octobre 1907. Son numéro matricule est 7481.

Il est réformé n° 2 pour tuberculose ganglionnaire le 26 août 1909 par la commission d’Autun.

Condamné pour infraction à la police des chemins de fer à 50 francs d’amende par la 11ème chambre correctionnelle de la Seine (il avait « omis » de payer un trajet de train Montbard-Paris).

Engagé volontaire pour la durée de la guerre le 2 septembre 1914 à la mairie de Paris, 10e arrondissement, 28ème compagnie, matricule : 6539. Après avoir été réformé, il a sans doute été vivre à Beaune, peut être chez son frère Paul, puisqu’on dit qu’après son départ du corps, son domicile est à Beaune, 4 faubourg Bretonnière. Le 16 mars 1915, Léon passe au 2ème groupe d’aviation. Le 7 mai 1915 : parti aux armées, dit-on. Il est affecté à l’escadrille F 54.

Le 22 octobre 1915 : passe à l’escadrille F 221 (il a donc servi pendant la guerre en France en tant qu’aviateur) ; et les photographies le représentant dans la nacelle et devant un avion ont pu être prises en France ou en Algérie.

Le 13 décembre 1916 : rentre au dépôt du 2ème groupe.

On peut penser qu’il aurait pu être affecté en Algérie en raison de son état de santé, le climat étant supposé meilleur… car :

le 16 décembre 1916 part pour l’Algérie avec l’escadrille F 306 qui deviendra la F 546 ou 547.

Le 1er janvier 1917, est incorporé au 3ème groupe d’aviation et soldat de 2ème classe.

Tué le 1er février 1918 à Aïn-Guettara et inhumé à In-Salah (chute d’avion dit-on par erreur).

En fait, les dépêches télégraphiques nous disent qu’en un premier temps, six corps ont été retrouvés dont trois identifiés : le sous-lieutenant FONDET, le maréchal-des-logis HOURS et le conducteur LACOSTE. Trois autres corps ne sont pas identifiés. Puis, on nous dit que le sous lieutenant CHANDÉS du Génie, sans filiste, est aussi reconnu. Leurs corps ont été ramenés et enterrés à In-Salah le 7 février. Trois autres soldats du convoi manquent, qui ne seront retrouvés que plus tard ; le télégramme qui signale leur découverte, daté du 13, précise que les corps ont été inhumés sur place à Aïn-Guettara (ce qui expliquerait les trois tombes surmontées d’une croix sur la photographie, sans doute prise dans l’instant). Mais selon un témoignage imprécis, ces tombes auraient été relevées par des soldats du contingent dans les années 1980/1990. Enfin, il y a aussi les tombes, simples tumulus, des moghzanis musulmans du poste militaire, tués avant le guet-apens.

Enfin, une information a permis d’apprendre que le Service Historique de l’Armée de l’Air détenait quelques cahiers de comptabilité de certaines escadrilles de l’époque. C’est le cas de l’escadrille F 54 en 1915. Il s’agit d’un petit registre en partie consumé. Une note dit qu’il y a eu le feu à une tente (peut être un hangar, ceux-ci étaient en toile) ; la carabine de cavalerie du soldat BIERRY a disparu dans l’incendie. Ces registres donnent l’effectif de l’escadrille où l’on retrouve Léon RENEVRET mécanicien. L’escadrille est cantonnée à Bethonsard (Pas-de-Calais) dans le secteur 96, qu’elle quitte le 21 novembre pour aller à Domléger (aujourd’hui Donléger-Longvillers dans la Somme), pour être appelée « au cours de l’artillerie lourde et de campagne », donc pour l’observation. Le commandant de l’escadrille était Monsieur DUBOIS Capitaine, puis le lieutenant VAL prend le commandement. Le 2ème groupe fait partie de la 10ème Armée.

En juillet 1915 Léon RENEVRET perçoit en augmentation de une journée de fonction n° 2

Ces registres donnent surtout des comptes de kg de viande, de pommes de terre, fournis ou achetés. On apprend que la prime fixe de 0,22 francs est portée à 0,20 franc. Donc peu de choses sur la vie de l’escadrille. Mais nous savons avec certitude que Léon a été employé pendant la guerre 14/18 en France.

Il ne reste plus de ces cahiers pour les autres escadrilles auxquelles Léon a appartenu.

Après la guerre, on attribue à Léon la médaille commémorative de la Grande Guerre, la médaille inter-alliés dite de la Victoire et la médaille militaire.

Source : article paru dans NAEN  transmis par le CGSL

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