Charte d’affranchissement de Saint-Ambreuil

Le 18 avril 1446, dix huit habitants de Saint-Ambreuil présentèrent une requête à frère Jean de Saint-Pierre, abbé de La Ferté, dans laquelle ils exposaient à leur seigneur que, à cause de la servitude de mainmorte qui pesait sur eux, une grande partie des habitants, surtout les jeunes gens, quittaient Saint-Ambreuil parce que les gens des villages voisins les méprisaient et ne voulaient pas se marier avec eux.

Jean de Saint-Pierre et ses religieux, assemblés au son de la cloche, dans la salle capitulaire, à la manière accoutumée, accueillirent favorablement cette requête, et ils affranchirent tous les habitants de Saint-Ambreuil, même ceux qui en étant originaires n’y résidaient pas, eux et leurs descendants.

Les requérants promirent, en retour de cet affranchissement, de payer à l’abbaye toutes les redevances dues jusqu’alors aux religieux, entre autre une poule par feu à la Nativité de Notre-Seigneur, à perpétuité. Ils s’engagèrent en outre à construire un étang au lieu dit « En Champrant » territoire de Saint-Ambreuil, et une chaussée de sept pieds de hauteur, de telle sorte que l’eau montera jusque vers le chemin de Saint-Ambreuil à Chalon, et au-dessus du grand étang de Saint-Ambreuil. Le nouvel étang devant être creusé dans un terrain appartenant aux habitants, les religieux, pour les dédommager, leur donnèrent huit journaux de terre à prendre dans un champ appartenant à l’abbaye et appelé le champ « de l’épervier ». Les religieux de La Ferté permirent encore aux habitants de Saint-Ambreuil de prendre tous les bois nécessaires pour les pilotis et les claies dans les bois appartenant à l’abbaye. L’étang et la chaussée devaient être terminés dans le délai de deux ans, à compter du jour de l’affranchissement. Si les travaux n’étaient pas terminés à cette époque, ledit affranchissement serait nul et les habitants de Saint-Ambreuil retourneraient à leur ancienne servitude de mainmorte,  sauf le bon plaisir de l’abbé.

L’acte d’affranchissement de Saint-Ambreuil fut donné à La Ferté, dans la salle capitulaire le 18 avril 1446, en présence de Pierre PYART, Guillaume DOIRE de Chalon, Guillaume PANETIER d’Arbois et demeurant à Saint Eloi, Philibert SAULET de Fley, Guyot FALCONNIER de Saint Bonnet en Bresse et de plusieurs autres étémoins. Les notaires furent Benoit DARD de Lalheue et Perrot LEVESQUE de Beaumont.

Source : Gallica.fr – charte d’affranchissement des habitants de Saint Ambreuil – par Louis BAZIN – 1887

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