Journal de Noé LACROIX en 1623

Le sabmedy premier d’avril 1623, après la mort advenue d’un père minime, nommé MEREDEC, il s’est treuvé miraculeusement le nom de Jésus, en la forme qui est cy dessus relevée, IHS, à l’endroict du cœur, sur son tétin gauche, lequel paroissoit grandement blanc, de la grosseur d’un fer d’esguillette, et plus long qu’on le regardoit et plus gros paroissoit, ce qu’ a esté veu par mille personnes de ceste ville de Chalon, et davantage.

Ce jourd’huy, jour de feste Marie Magdeleine 22 juillet 1623, monseigneur le prince de CONDÉ (Henri de BOURBON) est arivé en ceste ville de Chalon, sur environ les 8 heures du matin, assité seullement de huict ou neufz jeunes hommes, sans qu’on luy ayt faict aulcun accueil de la ville ny de la citadelle, sinon deux coups de canon tirez de ladicte citadelle, parceque ledict seigneur feignoit sa qualité, et n’a on rien sceu de sa venue, sinon sur les six heures du matin qu’on en avoit appris quelque chose par certains venans de Dijon, qui l’avoient recongneu, et s’en est allé descendre en la maison de sieur de VIREY proche Sainct George, et lequel a demeuré le sabmedy et le dimanche audict Chalon, où il a receu beaucoupt de contentement, selon le lieu, et s’en est retourné le lundy suivant, et party avec ses gens sur les trois heures du matin.

Claude LA CROIX, septiesme enffant de Noé LA CROIX, sergent royal à Chalon, a esté né le lundy vingt cinquiesme jour de septembre 1623 et a esté baptisé sur les fonds de baptesme de Sainct George, et a esté son parain Mr Claude de VILLARDS, libraire à Chalon, et sa maraine dame Jeanne VITTE, vefve de Mr François GUERRET, lesquels estoient assistés de vingt mousquetaire sans les capitaine, sergens, fiffres et tambours, avec quelques réjouyssances faictes par les sergens des centaines de la ville de Chalon, mes compaignons, qui estoient obligez de le faire.

Le dernier jour d’octobre 1623, veille de Toussainct, il tonna, élida et gresla en grande abondance.

Le sabmedy IXe décembre 1623, Mtre Jacques BEUVERANT, fils de feu Mtre Jean Baptiste BEUVERAND, commença à siéger en qualité de lieutenant général en la chancellerie à Chalon, où estoient présens messieurs les lieutenans et conseillers du bailliage de Chalon, plusieurs sergens y assistans avec belle compagnie, où il appoincta plusieurs causes instantes. Dieu luy face la grâce de persévérer et de mieux en mieux

Source : Mémoires de la société d’histoire et d’archéologie de Chalon – 1883-88 par Anatole de CHARMASSE

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