La gazette de Tancon (5)

La présente année 1753, il a fait une sécheresse assez grande. Il s’est ceuilly médiocrement. Le vin a été abondant dans des cantons mais les marchands parisiens en ont peu acheté, où le défaut de consommation qui se fait à Paris cette année soit parce que les vins du pays bas ont été potables et bons, ce qui est cause qu’ils ne sont pas chers et que l’on en donne que 15 livres de la pièce.

La présente année 1754, la récolte du grain a été assez abondante. Le seigle qui est net ne vaut que trente ou trente deux sols la mesure, le froment quarante deux ou quarante trois. A l’égard du vin, il s’en est ceuilly peu, encore n’est-il pas bon. Jusqu’à présent les parisiens qui ont coutume d’acheter les vins mâconnois, beaujolois et de la côte de Renaison n’ont point paru dans le pays, ce qui fait que le prix en est modique, nonobstant la petite quantité qui s’en est fait.

Il y a environ deux ans qu’il s’est élevé une contestation entre l’église est les tribunaux de justice. Ce qui a donné lieu, c’est le refus de plusieurs curés et vicaires d’administrer les derniers sacrements aux malades qui ne vouloient déclarer leurs confesseurs ou produire un billet du confesseur qui les auroient entendus en confesse. Sur les plaintes des malades ou de leurs parents, les parlements qui en ont eu connaissance ont fait sommer les curés et vicaires refusant l’administration des sacrements, de les administrer au plus tôt. Beaucoup ont été ajournés, et beaucoup décrétés de prise de corps. Mr le curé de Saint Etienne du Mont de Paris a été le premier auteur de cette dispute et le premier obligé à quitter et abandonner sa paroisse. Selon les nouvelles publiques en 1753, le parlement de Paris fut exilé en plusieurs villes du ressort dud. parlement et la grande chambre fut d’abord transférée à Pontoise et ensuite à Soissons. Au commencement du mois de septembre 1753, led. parlement fut rappelé à Paris. Le Roy Louis Quinze envoya une déclaration pour l’enregistrer, par laquelle il est porté qu’il veut que l’on garde le silence dans toutes les affaires et enjoint à son parlement de veiller à exécution et de punir ceux qui contreviendront et innoveront dans l’administration extérieure des sacrements. Parmy toutes les disputes,  il y a bien des malades qui sont morts sans sacrement et ces malades selon les apparences sont des Jansénistes.

Le temporel de Monseigneur l’évêque de Paris a été saisis par le parlement sur son refus de faire administrer les malades de son diocèse par le défaut de billet de confession. Bien plus, le parlement convoqua l’année dernière une assemblée des pairs du royaume pour juger led. seigneur archevêque, ce qui n’a pas eu lieu. Le roy luy a donné dans son conseil main levée de la saisie de son temporel. Pendant l’exil du parlement, le roy créa une chambre royale séant au Louvre pour rendre la justice à ses sujets. Messieurs les avocats de Paris et les procureurs n’ont rien voulu faire, pas même donner des consultes que le parlement n’ai eu repris ses fonctions… à suivre…

Source : AD71 paroissiaux de Tancon

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