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Le journal de nos aïeux - XIIe siècle
1144 : Translation des reliques de saint Lazare dans la nouvelle basilique d'Autun.
1166 : Première intervention du roi de France en Nivernais et en Chatonnais.
1185 : Charte de commune de Dijon.
1186 : Guerre de Vergy.
1199 : Hervé de Donzy devient comte de Nevers.


L'agitation féodale

Dans ce secteur fort éloigné de l'Ile-de-france et qui constitue alors une "marche" du royaume en bordure de l'empire Romain-Germanique, l'autorité du roi est, jusqu'au XIIe siècle, bien réduite, et les féodaux en profitent pour régler leurs querelles et satisfaire leurs ambitions par la guerre, au grand dam des gens d'église et surtout des moines de Cluny...

Ceux-ci, plus encore que les moines de Tournus, ou que l'évêque de Mâcon, étaient en butte aux incessantes attaques des féodaux contre leurs biens, très denses en Mâconnais. Ils ne pouvaient donc que favoriser l'intervention d'un pouvoir supérieur qui imposerait sa volonté pacificatrice aux maîtres des redoutables châteaux-forts dont le Mâconnais et ses abords s'étaient hérissés aux Xe, XIe et XIIe siècles malgré tous les efforts des moines pour en limiter la construction Berzé, Brancion, Vin-zelles, Uxelles, Buttavant (ou plutôt Boute-Avant), Solutré, Beaujeu, la Bussière, Sigy. Maîtres turbulents dont les querelles mirent, au milieu du XIe siècle, le pays à feu et à sang, les comtes de Mâcon, les Beaujeu, les Bâgé, et leurs clientèles respectives s'opposaient sur des questions de vasselage, ou sur la perception de péages et de droits divers. Mais ils s'entendaient fort bien à commettre pillages et exactions aux dépens des églises de Mâcon et de Cluny. Le grand monastère avait bien fait établir par le légat de Grégoire VII, en 1079, un périmètre de protection transformé en 1144 par le pape Luce II en un "ban sacré" rigoureusement délimité autour de l'abbaye et où il était interdit, sous peine d'excommunication, de se livrer à des actes de guerre ou de fortifier des demeures; mais si cette mesure eut une relative efficacité pour Cluny même, elle fut sans effet sensible pour les obédiences rurales. On voit les Brancion construire une forteresse face au château de Lourdon, place de sûreté de l'abbaye, en bordure même du "ban sacré" et lui donner le nom significatif de "Boute-Avant". Quant à Saint-Gengoux, Malay, Ougy, ils sont les objectifs favoris de leurs entreprises de rapines.
Ces querelles sanglantes se situent par ailleurs dans un contexte politique et religieux fort troublé qui interfère sur les événements et sur l'attitude des protagonistes. D'une part, l'Eglise est divisée par un schisme, et d'autre part l'empereur du Saint Empire Romain-Germanique Frédéric Barberousse, ambitionne de reconstituer à son profit l'unité bourguignonne sur l'axe de la Saône. Les deux faits, étroitement liés, ont un retentissement considérable en Mâconnais où Cluny, Tournus et le chapitre de Saint-Vincent de Mâcon sont des organismes religieux de premier plan et dont le comte, Girard, a l'essentiel de ses biens personnels en terre d'Empire (jusqu'au val de Travers et à Orbe).
Le Pape élu en 1157 est Alexandre  III, que la plupart des autorités religieuses et des princes occidentaux ont reconnu. L'anti-pape est une créature de Frédéric Barberousse qui prend le nom de Victor IV et qui entend mettre l'Eglise au service de l'Empereur.
Tout naturellement Girard de Mâcon, noble d'Empire plus que de Royaume, prend parti pour le premier, ses intérêts les plus directs étant liés à la bienveillance de l'Empereur à son égard. Il trouve un allié dans l'archevêque de Lyon, alors ville d'Empire, dont le pouvoir est contesté par le comte de Forez, fidèle du roi de France et partisan d'Alexandre III. La mort de Victor IV n'amène aucun changement, Barberousse trouvant aussitôt un successeur à son anti-pape, en la personne d'Urbain III.
Dans des circonstances aussi troublées et aussi complexes, les alarmes étaient grandes à Cluny, à Mâcon, à Tournus.
Elles trouvèrent leur justification en 1165, lorsque le comte de Chalon lui aussi seigneur d'Empire, par ses possessions comtoises, ayant reçu de l'Empereur un fort contingent de mercenaires, (les "Brabançons").

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